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20 po x 40 po | 51 cm x 102 cm
Acrylique sur toile de coton
Oeuvre: 1 580 $CAD
Galerie L'Harmattan
Disponible
Miville
Le travail expressionniste abstrait de Miville explore le mouvement, le
geste étant le sujet central de son œuvre. Au cœur de sa démarche,
caractérisée par l’action painting, se trouve une recherche constante
de l’équilibre entre des forces opposées : la vitalité et la fougue versus
l’impression de calme, de suspension et de flottement qui émane de
ses œuvres.
L’investissement du corps est total lorsqu’elle peint, de l’ordre de la
performance ; sa gestuelle est viscérale, ancrée, voire presque brutale.
Elle visualise de manière méditative puis s’élance intuitivement, dans
un même souffle. Peindre est son ancrage sensible dans notre monde
accéléré. Ralentir et se connecter vraiment devient une nécessité.
C’est dans ce contraste que se situe sa recherche.
Pour Miville, la composition est la respiration du tableau. Ses toiles ne
sont montées sur faux cadre qu’une fois l’œuvre achevée. Le
recadrage intervient alors comme un choix conscient et réfléchi,
transformant une pulsion purement physique en une affirmation
esthétique maitrisée. Elle déplace les limites de la composition pour en
révéler toute la force. Ce geste est déterminant dans sa démarche. En
redéfinissant les contours de l’œuvre, elle dirige la circulation du
regard, intensifie les tensions, équilibre les masses et donne au geste
toute sa portée. Loin d’être une simple restructuration, ce processus
constitue un acte de rigueur et d’autodétermination. En s’appropriant
l’action painting de la sorte, ce courant longtemps célébré comme le
summum de la masculinité triomphante et de l’ego viril, Miville
féminise et subvertit ce territoire en y apportant sa propre sensibilité.
À l’instar des femmes peintres expressionnistes de l’époque, elle brise
les codes traditionnels et insuffle une corporalité différente. Recadrer
son abstraction c’est trier, épurer et imposer son propre regard critique
féminin sur une pratique historiquement masculine.
Peindre devient un acte de décélération, un retour à la lenteur. Elle voit
son travail comme une zone de dialogue silencieuse et espère engager
une connexion émotive avec le spectateur.